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IA : éthique et morale

D’abord et pour éviter toute confusion, rappelons ce qu’est l’éthique, à ne pas confondre avec la morale : l’éthique est une philosophie, voire une science, qui définit justement les principes fondateurs de la morale, à savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Pourquoi, lorsque l’on parle d’Intelligence Artificielle, parle-t-on forcément d’éthique ? Tout comme les grandes Révolutions qui ont traversé l’Histoire, l’IA redéfinit d’abord les frontières d’intervention de l’Homme : de la même façon que les opérateurs téléphoniques (standardistes) ont peu à peu été remplacés par des commutateurs téléphoniques électromagnétiques (standards automatiques), l’IA s’est par exemple substituée à l’Homme dans sa relation avec le client avec l’usage des chatbots. Mais là où l’IA se distingue des autres révolutions technologiques, c’est dans sa capacité à imiter le comportement humain d’une part et dans sa capacité à s’approprier une connaissance de la vie privée et l’intimité des personnes d’autre part.

L’intelligence artificielle : pourquoi fait-elle peur ?

Pour cette raison, l’IA inquiète et fait débat : quel impact l’IA a-t-elle sur l’emploi ? Qu’en est-il de la transparence et de la responsabilité des algorithmes eux-mêmes ? D’où proviennent les données qui nourrissent ces algorithmes et à quelle fin sont-elles utilisées ? Quel degré d’autonomie l’IA laissera-t-elle à l’homme ? Comment reproduire le raisonnement humain sans reproduire sa part de préjugés et d’interprétations ? Dans le cadre de la voiture autonome par exemple, un accident se produit, qui est responsable ? Le conducteur, le constructeur, la personne qui a créé l’algorithme ? Pas si évident…

Le guide d’éthique de l’IA et la RGPD comme protections

Pour répondre à ces problématiques complexes, les instances gouvernementales ont donc dressé un certain nombre de principes indispensables pour définir les frontières et le cadre d’application de l’IA. Car si l’IA apporte effectivement des améliorations dans de nombreux secteurs, celle-ci ne peut en aucun cas entraver les droits fondamentaux de l’Homme tels que le droit à la vie privée et à l’intimité dans la collecte et l’usage des données, le droit à l’emploi, etc.

Pour éviter toute dérive contraire au fonctionnement social démocratique, des mesures ont donc été prises : la Commission Européenne a en effet tenté de s’atteler à la rédaction du AI Ethical Guideline ou guide d’éthique pour l’Intelligence Artificielle qui définit six principes éthiques considérés comme fondateurs : la Bienfaisance (faire le bien), la Non-malfaisance (ne pas nuire), l’autonomie des humains, la Justice (c’est-à-dire la non-discrimination de l’IA) et l’explicabilité pour assurer autonomie, consentement éclairé et protection des données. De même, la notion de l’IA éthique “by design” a vu le jour, à savoir la construction de solutions techniques et institutionnelles qui intègrent de la conception à l’usage, des considérations éthiques dans les outils d’IA.

Autre exemple de mesure, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), entré en vigueur en Europe en Mai 2018, est également un pas vers une IA éthique en protégeant les données utilisateurs : « Plusieurs gouvernements ont ainsi mis en place des lois pour protéger les consommateurs ; le RGPD posant un premier décor législatif uniformisé à l’échelle européenne autour de la notion de propriété de la donnée », 2020, le début d’un big data éthique concret ? Pas si sûr…, Le Journal du Net.

Intelligence « Augmentée » : le binôme Humain-Machine

En fait, plutôt que de parler d’Intelligence Artificielle, le terme d’intelligence « augmentée » serait finalement plus approprié : à savoir, des outils qui permettent non pas de remplacer l’intelligence humaine mais plutôt de l’augmenter pour construire un binôme humain/machine dans lequel la machine assiste l’Homme pour qu’il se concentre sur les tâches plus gratifiantes et l’Homme fixe un cadre à la machine, en particulier dans l’utilisation des données. Les machines ont une capacité de stock (que l’on pourrait assimiler à la mémoire) et d’analyse des données (qui repose justement sur cette mémoire) qui dépasse indéniablement celle du cerveau humain. Toutefois, si l’IA imite le comportement humain et dépasse certaines de nos capacités cérébrales, celle-ci n’est pour autant pas en mesure de créer : « c’est nous qui inventons, donc c’est nous qui avons le contrôle », propos de Luc Julia recueillis par l’agence La Netscouade à l’occasion du salon AI PARIS 2019.

Finalement, tout l’enjeu est donc de se rappeler ce qui fonde notre éthique et d’appliquer à cette intelligence « augmentée » les principes que l’Homme a déjà établis par le passé : au même titre que la loi définit un cadre à l’intelligence humaine, il faut définir un cadre d’application pour assurer un usage à bon escient de ce « prolongement » de l’Homme et favoriser la transparence, la confiance, le respect du droit à l’intimité et à la vie privée, et la définition des frontières de responsabilité.

Anouk Radureau, Consultante en Stratégie Marketing Digital & CRM

 

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L’intelligence artificielle : une multitude de domaines d’application…

Les domaines d’application de l’Intelligence Artificielle sont infinis et l’IA transforme radicalement la manière dont les hommes travaillent avec les machines, amplifiant leur rapidité d’exécution, leurs compétences, leur précision et leur créativité. Les exemples d’application sont nombreux : la vision artificielle qui permet de classer des images, les filtres antispam, la reconnaissance vocale, les systèmes de gestion de fonds automatiques en finance, ou encore l’allié décisionnel sur le terrain militaire, …

Le deep learning au secours de la médecine

Dans le domaine de la Santé particulièrement, l’IA améliore déjà grandement la qualité des soins avec la possibilité par exemple de prédire une maladie et son évolution, d’aider au diagnostic, d’effectuer des opérations assistées par ordinateur, de suivre les patients à distance, de traiter des images grâce au deep learning qui permet de repérer des maladies par imagerie médicale, ou encore de proposer des traitements personnalisés grâce aux données… Si on peut voir dans toutes ces applications une avancée significative pour la médecine, les algorithmes d’apprentissage permettent de détecter correctement la maladie dans 87% des cas, contre 86% chez les professionnels de la santé d’après Sciences et Avenir, « L’intelligence artificielle ferait au mieux aussi bien que les médecins », publié le 25 septembre 2019. Par ailleurs, les données médicales sont des données hypersensibles qu’il convient de protéger afin qu’elles ne soient pas utilisées à mauvais escient. Dans cette perspective, une loi de bio éthique a été mise en place : « L’article 11 oblige désormais le médecin à informer ses patients lorsqu’un traitement algorithmique de données massives est utilisé pour concevoir un diagnostic » de même, le principe de garantie humaine a également été acté : la décision finale du traitement pour un patient reste entre les mains du professionnel de santé.

De l’industrie traditionnelle au Smart Manufacturing

Dans le secteur de l’Industrie également, l’IA apparaît comme très prometteuse, on parle même de « 4ème Révolution », ou « d’Industrie 4.0 » ou encore de « Smart Manufacturing », à savoir une industrie qui se base sur la numérisation et l’interconnexion des machines et systèmes de production. Certaines entreprises françaises, que sont ni plus ni moins : Air Liquide, Dassault Aviation, EDF, Renault, Safran, Thales, Total, et Valeo, projettent l’IA comme l’enjeu stratégique industriel du futur et ont signé avec le ministère de l’Economie et des Finances en juillet 2019 « un manifeste pour une IA au service de l’industrie ». L’IA a en effet de nombreux avantages dans le secteur industriel : elle permet une aide à la décision en simplifiant l’information, un gain de temps grâce à des analyses plus rapides et moins coûteuses, des projections ou encore une meilleure anticipation des risques notamment en termes de supply chain et de défauts de fabrication. Toutefois, des obstacles persistent toujours et entravent la voie vers une véritable Révolution : en particulier, l’IA suppose un travail long et laborieux de formation des salariés, une meilleure maîtrise dans la qualité des données et l’industrialisation de leur traitement, et des contraintes d’échelle et de management global qui restreignent énormément la mise en œuvre de l’IA au niveau d’une organisation.

À l’ère de la voiture autonome

Enfin, un autre secteur que l’IA bouleverse est celui des transports : en effet, l’Intelligence Artificielle a déjà permis des évolutions à plusieurs niveaux : en termes de maintenance prédictive, au niveau de l’évaluation de la consommation de carburant, et aussi et surtout en matière de sécurité puisque l’IA devrait réduire drastiquement le nombre d’accidents de la route. En revanche, si on prend le cas de la voiture autonome, une question subsiste toujours : dans le cas d’un accident, qui devra être porté responsable ?

L’IA : une petite Révolution

On l’a vu, l’Intelligence Artificielle ouvre une nouvelle ère pour certains secteurs et permet des améliorations et des performances qui n’étaient pas possibles jusqu’à présent. Toutefois, les progrès qu’apportent l’IA doivent être nuancés par les contraintes opérationnelles, éthiques et juridiques et avant de pouvoir parler de réelle Révolution, il convient de définir un cadre pour déployer à grande échelle l’IA dans tous les secteurs. A voir également, en Marketing la révolution est engagée : Data Science et créativité travaillent plus que jamais de concert. Cette alliance apparaît très prometteuse même si, comme dans les autres secteurs, des points de vigilance sont à adresser.

Anouk Radureau, Consultante en Stratégie Marketing Digital & CRM